Réussir son KYC sans adresse fixe

Le KYC n'est pas une enquête. C'est une liste de cases qu'un analyste conformité doit cocher en moins de dix minutes, et chaque « non » sur cette liste lui coûte une seconde revue. Votre travail consiste à lui remettre un dossier où chaque case est déjà cochée. Ce guide est ce que nous envoyons avant une première ouverture à distance.

Ce dont l'analyste a réellement besoin

Toute ouverture de compte, partout, se ramène à quatre questions :

  1. Qui êtes-vous ? Une pièce d'identité officielle avec photo, non expirée, dont le nom correspond lettre pour lettre à tout ce que vous fournissez.
  2. Où vivez-vous ? Un document qui relie votre nom à une adresse physique, émis par un tiers, récent (moins de trois mois en général).
  3. D'où vient l'argent ? Une histoire plausible, appuyée par un ou deux documents, pour l'origine des fonds que vous allez déposer.
  4. Êtes-vous un risque ? Listes de sanctions, personnes politiquement exposées, presse défavorable. Vous ne contrôlez pas ce point, donc rendez les trois autres irréprochables.

Le problème de l'adresse, résolu par ordre de solidité

Si vous n'avez ni bail ni facture d'énergie à votre nom, descendez cette liste. Arrêtez-vous au premier document que vous pouvez produire.

  • Un relevé bancaire ou de carte d'une institution que vous détenez déjà, montrant votre nom et une adresse. La plupart des équipes acceptent un relevé d'une autre institution régulée, même une néobanque. C'est l'option la plus forte, car elle répond aussi à la question 3.
  • Un certificat de résidence fiscale ou un avis d'imposition du pays où vous avez déclaré pour la dernière fois. Vieux jeu, lourd, et les analystes adorent.
  • Un titre de séjour ou un certificat d'enregistrement (l'Anmeldung en Allemagne, l'empadronamiento en Espagne, la carte de résident en Géorgie ou aux Émirats). Tout ce qu'un État a émis avec une adresse dessus.
  • Un courrier administratif : sécurité sociale, retraite, convocation, amende. L'analyste se moque que la nouvelle soit bonne.
  • Une facture d'abonnement mobile à votre nom. Le prépayé ne compte pas.
  • Une attestation de résidence notariée ou une lettre du propriétaire avec copie de sa pièce d'identité et du bail. Dernier recours, uniquement pour les institutions qui déclarent l'accepter.

Un abonnement de coworking, une facture d'hôtel, un reçu Airbnb ou une adresse de réexpédition de courrier ne passent jamais. Ne gaspillez pas un cycle de revue pour le vérifier.

Préparer le dossier

  • Scannez à plat, en couleur, tous les bords visibles, sans doigts. Une photo prise sur une table avec la lampe éteinte est rejetée par le contrôle automatique avant qu'un humain ne la voie.
  • Utilisez partout le nom exact de votre passeport. Un deuxième prénom présent sur la pièce mais absent du relevé est la première cause de rejet pour « documents non concordants ».
  • Si votre justificatif d'adresse est dans une langue que l'institution ne lit pas, joignez une traduction simple en seconde page. Ne modifiez pas l'original.
  • Gardez tout dans un dossier, nommé par usage : id-passeport.pdf, adresse-releve.pdf, fonds-bulletins.pdf. Vous aurez besoin des quatre mêmes fichiers pour les cinq comptes suivants.

L'appel vidéo

Beaucoup d'ouvertures à distance se terminent par un court appel. Ce n'est pas un entretien, c'est un contrôle de présence plus deux ou trois questions pour vérifier que votre histoire correspond au dossier. Soyez dans une pièce calme, seul, la pièce d'identité physique en main. Répondez à la question sur l'origine des fonds en une phrase, puis taisez-vous.

En cas de refus

Un refus sans motif est presque toujours le contrôle automatique des documents, pas une décision humaine. Renvoyez un meilleur scan avant de faire appel. Si un humain a refusé, demandez quel élément a échoué ; la plupart des institutions le disent, et c'est presque toujours le justificatif d'adresse. Corrigez ce seul élément et redéposez après trente jours.